Conduire à Bali, nos conseils
Louer une voiture à Bali et conduire soit même est très tentant, d'autant que c'est peu cher. Cependant il vaut mieux savoir à quoi s'attendre et éventuellement s'y préparer car c'est un "autre monde"
Louer une voiture à Bali et conduire soi-même est très tentant, d'autant que c'est peu cher. Cependant il vaut mieux savoir à quoi s'attendre et éventuellement s'y préparer car c'est un "autre monde".
Permis et assurances
Vous devez avoir un permis international, il est gratuit et est délivré par votre préfecture. À Bali gardez-le sur vous en permanence, sinon gare à la police qui sautera sur l'occasion pour vous verbaliser (disons plutôt qu'elle vous proposera une amende "immédiate" pour vous éviter un passage au poste ; 50 000 rph est la règle, mais on vous demandera plus).
Pour la conduite de motos, vérifiez que le permis international en porte la mention et celle des bonnes cylindrées. Si vous n'avez pas de permis moto en France, vous n'avez pas le droit de conduire un scooter à Bali. Vous êtes donc en situation illégale, comme la majorité des français qui ignorent ces dispositions. Ce que vous risquez, c'est une amende légale, ou d'avoir à glisser un billet de 50 000 rph au policier pour qu'il vous laisse continuer votre route. Pour éviter ces situations, allez au poste de police principal de Denpasar et achetez une autorisation de conduire un scooter, d'une validité d'un mois, il vous en coûtera environ 25 $.
Partez avec une bonne assurance car il est rare que l'assurance "all included" intègre les personnes. Payez de préférence la location de votre auto/moto avec une carte Premier/Gold, ces cartes incluent une assurance (avec rapatriement éventuel). Gardez sur vous les coordonnées de votre assurance. Rappelez-vous qu'à Bali, les frais médicaux sont très importants et qu'on vous demandera votre assurance avant toute intervention.
Gardez aussi sur vous des papiers permettant de vous identifier, l'adresse de votre hôtel, et des copies de vos papiers d'identité. Il est tentant de partir au surf avec sa planche et son maillot. Le consul de France relata il y a quelques années comment un accidenté comateux, dont la route avait croisé celle d'un chien et dont on ne trouva aucun document l'identifiant sur lui, resta en l'état plusieurs jours et finalement décéda, parce que personne ne pouvait l'identifier, autoriser les interventions et payer la note.
En cas d'accident, vous avez toutes les probabilités d'être désigné comme responsable. Notamment parce que les Balinais ne sont pas assurés ou mal assurés, et qu'ils savent que vous l'êtes. Souvent voitures et motos sont louées sans les assurances complètes ; à vous de les réclamer, tout en sachant qu'elles ne couvriront peut-être pas tous les dommages créés.
Sachez d'ailleurs que la règle est que d'où que vous veniez, quoi qu'il se soit passé, si vous rentrez dans quelqu'un, même s'il venait de nulle part : vous êtes responsable.
Il y a peu d'accidents, pas plus qu'en France en tout cas. Ils sont cependant plus graves car ils mettent souvent en cause des motocyclettes. On trouve aussi parfois des camions dans les fossés, sans doute après un doublement risqué. Vous pourrez noter sur place que les voitures des Balinais sont moins cabossées que les nôtres, témoignage d'une conduite générale plus "soigneuse" et ce malgré les apparences. Sachez cependant que les accidents de scooter sont la cause numéro 1 de mortalité des touristes à Bali.
Les règles de conduite
La conduite à Bali s'effectue à gauche, ce qui en soi est déjà assez déroutant pour l'automobiliste ou le motard non habitué. Mais surtout, la conduite des Balinais répond à des règles qui n'en sont pas pour nous. Oubliez tout ce que vous avez appris. Vous êtes débordés de toutes parts par des scooters qui ne respectent quasiment ni vos clignotants, ni la priorité, ni les lignes jaunes. Vous serez sans doute hallucin é devant l'apparente désinvolture de la conduite des Balinais. Ils sont certes fatalistes et croient à la réincarnation, mais quand on voit des camions occuper la partie centrale d'une route prévue pour deux voitures, on se dit qu'on ferait mieux d'y croire aussi.
Les routes sont souvent parsemées d'arbres, de tas de sable liés aux maisons en construction, sans compter le stationnement sauvage des voitures, camions et autres motos qui semble lui aussi ne répondre à aucune règle. Il faut de même prendre garde aux divers animaux (poulets, chiens, chats, canards) qui traversent fréquemment la route, la nuit comme le jour.
À considérer aussi, dans le désordre :
- Nids de poule (et le plus souvent : de véritable taille d'autruche)
- Très mauvaise signalisation des directions et des dangers
- Centres-villes très encombrés
- Absence d'éclairage la nuit en dehors des grandes villes
- De nombreuses intersections mal signalées, sans feu ni stop
- Montées et descentes parfois très abruptes et peu sécurisées sur les routes de montagne
C'est donc pour toutes ces raisons, et d'autres encore, qu'il est déconseillé aux personnes non rompues ou non préparées à l'exercice de prendre le volant ou le guidon. Au-delà de perturber la circulation ou simplement de galérer, vous pourriez créer des accidents. Les alternatives existent, sont très accessibles et peu chères : le taxi et bien sûr le chauffeur privé.
Le chauffeur avec voiture
Un chauffeur avec voiture coûte à partir de 500 000 rps par jour, auquel il faut ajouter l'essence. Ces chauffeurs sont entièrement à votre disposition et en plus, ils connaissent la route et sont de véritables guides. Souvent indépendants, vous avez en supplément la satisfaction de faire travailler en direct un Balinais.
Le taxi
Pour les petits parcours, il y a le taxi. Dans ce cas le compteur n'est qu'un accessoire (vous pouvez demander que le chauffeur le fasse tourner) ; souvent le tarif du trajet se négocie au départ. Exception faite au départ de l'aéroport de Denpasar, où vous passez obligatoirement par un guichet : le tarif y est fixe, ce qui évite les dérives.
Pour les autres, ceux qui aiment la conduite et veulent leur liberté de mouvement, ceux qui sont capables de s'adapter, conduire à Bali peut être une merveilleuse expérience.
Les Balinais conduisent en fait très bien. Ils n'ont pas nos règles, nos panneaux, nos feux, mais un sens aigu de la responsabilité, une merveilleuse évaluation des trajectoires et des vitesses, une attention extrême... qui ne fonctionnent que si personne n'utilise un autre système ou n'en doute, vous par exemple.


